Dénigrer n’est pas jouer

Déloyauté

Dire tout haut ce que l’on pense tout bas de son entreprise, de son patron ou de ses collègues, ça soulage. Tant que cela reste dans la sphère privée. Et la sphère privée, cela n’inclut pas forcément les réseaux sociaux.

Avant de liker ou de twitter, mieux vaut donc tourner sept fois son pouce.

Journée difficile, relations tendues avec ses collègues, travail que l’on n’aime plus, patron exigeant… qui n’as pas envie après une journée de boulot de se défouler ? Pour certains ce sera le sport, pour d’autres vaquer à une activité créative. Mais pour quelques uns, il y a un endroit aisé où s’exprimer, ce sont les réseaux sociaux. Facebook comme Twitter sont devenus les deux boudoirs virtuels où on refait le monde et où on critique a tout va. Seul bémol : ce qui se dit entre amis, autour d’une table, d’un café, en discutant à bâtons rompus ne se dit pas de la même façon sur les réseaux sociaux. Certes, la tentation est grande de « poster » ses colères ou frustrations. Sauf que… tout cela doit rester confidentiel et ne pas tomber entre les « mains » malintentionnés de collègues, voire plus grave, de son boss.

Au revoir !

Car le dénigrement, c’est mal. Kesako exactement ? C’est le fait de tenir des propos qui peuvent se révéler rabaissants, préjudiciables à la réputation d’une entreprise ou d’une personne. Or, 1 salarié sur 5 dénigre son entreprise, révèle une statistique. Exercice périlleux ! Car un simple mot déplacé peut déclencher l’ire de sa direction, provoquant au mieux un blâme, une sanction, au pire un licenciement. Et ce n’est pas l’ancien directeur de la stratégie de Paypal (sic) qui pourra dire le contraire. Excédé par des sollicitations de certains de ses collègues, sollicitations qu’il trouvait intempestives, il s’est exprimé un peu trop crûment sur Twitter. Mal lui en a pris puisque cela lui a valu de perdre son emploi. En France, la jurisprudence s’appuie en la matière sur l’arrêt rendu en 2010 par le Conseil des Prud’hommes de Boulogne-Billancourt qui avait condamné 3 salariés pour des propos publiés « contre » leur hiérarchie. Il en a été déduit que Facebook pouvait être considéré comme un espace public. Se défouler ça fait du bien, mais ça peut être très dangereux… Petit conseil avisé : bien vérifier les paramètres de confidentialités de ses comptes.

© 2014, Laurence BOTTERO, Journaliste

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